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L’UNEF exige le retrait de cette réforme brutale et injuste et appelle les jeunes à manifester le 24 juin 2010 !

L’avant projet de réforme des retraites que vient de rendre public le gouvernement confirme les inquiétudes exprimées par les jeunes et les salariés le 27 mai. Dictée par les marchés financiers, et reprenant à son compte la plupart des exigences du MEDEF,le gouvernement, qui repousse l’âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans, impose un recul majeur du droit à la retraite pour les salariés et finance massivement sa réforme par la baisse inacceptable des retraites  et du niveau des pensions.

Les fonctionnaires vont également payer le prix fort. Alors que le gouvernement n’envisage aucune contribution supplémentaire de l’Etat pour les retraites de la fonction publique, l’augmentation des cotisations des fonctionnaires (de 7,85 % à 10,55 %) va se traduire par une baisse de salaire de 720 € annuels (60€ par mois) au bout de 10 ans !

Les jeunes refusent l’instauration d’un système de retraites au rabais en leur nom !

Les jeunes seront parmi les plus touchés par la réforme à venir. Avec cette réforme, quel sera le niveau de retraite futur pour un jeune d’aujourd’hui avec un parcours professionnel « à trous » ? Quel sera le niveau de retraite de nos parents qui vont partir à la retraite dans les prochaines années ? Qui paiera pour leurs retraites : un système de retraite solidaire désormais a minima ou carrément leurs enfants?

Cette réforme constitue une véritable double peine pour les jeunes : elle va les maintenir plus longtemps au chômage en début de carrière, et plus longtemps au travail pour toucher une retraite à taux plein. Elle les enferme dans l’incertitude et la peur du lendemain : déjà que les jeunes ne savent pas quand ils vont obtenir leur premier emploi stable, mais désormais ils ne savent pas non plus quand ils pourront s’arrêter de travailler pour toucher une retraite décente. Une politique qui permet aux 29% de jeunes actuellement au chômage d’accéder à l’emploi serait à l’inverse une réponse qui permettrait d’augmenter le nombre de cotisants et d’assurer le financement des retraites !

En refusant de mobiliser de nouvelles recettes de manière significative, le gouvernement se fixe pour objectif de pousser les jeunes à se replier sur la capitalisation pour assurer leurs vieux jours. Epargner individuellement dans des fonds de pensions, qui peuvent être ruinés du jour au lendemain comme la crise l’a démontré, est précisément la solution qu’ils rejettent ! Les jeunes n’ont pas la possibilité financière d’épargner, surtout au vu de leurs conditions d’insertion professionnelle difficiles.

En offrant aux jeunes la possibilité de valider gratuitement 6 trimestres lors des périodes de chômage non indemnisé en début de carrière (contre 4 auparavant), le gouvernement reconnaît les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes. Mais cette mesure est largement insuffisante : elle ne concernera que 6000 bénéficiaires potentiels, alors que plus de 300 000 jeunes de moins de 30 ans sont actuellement au chômage sans aucune indemnisation ! Rien n’est prévu concernant la validation des périodes d’études.

L’UNEF demande :

- la validation des années d’études dans le calcul des annuités ouvrant droit à retraite, car étudier ne doit pas être pénalisant

- la prise en compte de l’ensemble des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des retraites, et notamment des périodes de stages, d’insertion, d’emplois précaires et de chômage non-indemnisé qui conduisent les jeunes à accumuler des droits à retraite très incomplets.

L’UNEF exige le retrait de cette réforme. Elle appelle les jeunes à se mobiliser contre un projet de réforme des retraites qui les pénalise durement.

L’UNEF poursuit sa campagne d’information et de mobilisation des jeunes et appelle à signer massivement l’appel unitaire de 21 organisations de jeunesses « la retraite, une affaire de jeunes » (retraites-jeunes.net).

L’UNEF appelle les jeunes et les étudiants à manifester le 24 juin prochain aux côtés des salariés pour faire reculer le gouvernement.