voteL’élection des représentants étudiants au CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) s’est déroulée mardi 6 juillet 2010. A l’occasion de ce scrutin organisé tous les deux ans, l’ensemble des élus étudiants des universités et des écoles sont appelés à voter pour élire leurs 11 représentants nationaux au CNESER. Avec l’élection au CNOUS, il s’agit du principal test de représentativité des organisations étudiantes.

L’UNEF renforce sa place de première organisation étudiante

En obtenant 5 élus sur 11 et 807 voix (soit 39,25 % des votants), l’UNEF remporte largement ces élections. Avec 33 voix en plus par rapport au scrutin de 2008 (+4%), l’UNEF enregistre une forte progression.

Il s’agit d’une victoire historique et sans appel qui renforce sa place de première organisation étudiante. Le résultat de l’UNEF est le plus important jamais réalisé : l’UNEF comptabilise un nombre de voix supérieur à ses résultats au scrutin de 2006 qui faisait suite à la mobilisation contre le CPE, alors même que la loi LRU a entraîné en 2007 une diminution du poids des universités par rapport aux écoles dans le corps électoral 

L’écart se creuse avec les autres organisations étudiantes. La deuxième organisation n’obtient que la moitié des voix de l’UNEF et aucune autre organisation n’obtient plus de deux élus, confirmant ainsi l’absence d’alternative syndicale à l’UNEF en milieu étudiant

L’UNEF appelle le gouvernement à entendre le message des étudiants

En votant majoritairement pour l’UNEF, les étudiants ont adressé un message clair au gouvernement : il y a urgence à répondre aux inquiétudes des étudiants concernant l’amélioration de leurs conditions de vie et d’études.

Dans un contexte de rigueur, les étudiants exigent la sanctuarisation des budgets de l’enseignement supérieur et de la vie étudiante : il est inacceptable de faire des économies sur le dos des étudiants, qui attendent au contraire depuis des années une amélioration de leurs conditions de vie et d’étude.

Alors que la politique universitaire du gouvernement ne cesse de renforcer les inégalités entre les universités et les étudiants, c’est un changement de cap que les étudiants réclament, afin de remettre l’objectif de démocratisation au cœur des priorités de transformation de l’enseignement supérieur.

Forte de la confiance des étudiants renouvelée lors de ce scrutin, l’UNEF exige :

- que le gouvernement revienne en urgence sur l’interdiction annoncée du cumul entre aides au logement et demi-part fiscale qui va plonger des milliers d’étudiants et leur famille dans une situation sociale et financière insoutenable

- Un investissement massif dans les premiers cycles universitaires pour lutter contre l’échec : amélioration de l’encadrement, cadrage national des diplômes et des règles d’examen.

- L’arrêt immédiat des fusions d’universités et l’ouverture d’un débat national sur la carte universitaire.L’UNEF n’acceptera pas que la fusion de certains établissements se fasse au détriment des droits étudiants, comme le souhaitent certains présidents d’université qui souhaitent transformer leur université publique en adoptant le statut dérogatoire de « Grand Etablissement », qui permet notamment une dérégulation des frais d’inscription et la mise en place de la sélection. Les étudiants n’accepteront aucun affaiblissement du service public de l’enseignement supérieur.

- La remise à plat de la réforme de la formation des enseignants et le retrait des textes d’applicationdéjà publiés, afin de permettre une véritable formation professionnelle des futurs enseignants et garantir l’accès de tous les étudiants ces métiers.