Valérie Pécresse a annoncé vendredi 11 juillet 2008 les derniers projets retenus dans le cadre du plan campus : Aubervilliers, Saclay et Aix-Marseille.

L’UNEF regrette néanmoins que les étudiants aient été écartés de l’élaboration de ce projet au niveau local mais aussi du choix des projets retenus au niveau national.
En effet, le Ministère a préféré procéder à une loterie et à la mise en concurrence des universités et de leurs projets, en constituant un obscur « comité des sages » excluant les principaux intéressés, les étudiants.
L’UNEF réitère donc sa volonté de voir les étudiants associés à l’opération campus lors de la mise en place du projet au moyen de groupes de travail où les étudiants seront pleinement présents.

Les trois derniers projets retenus confirment les tendances du 1er tour :

L’état dégradé des universités a servi de prétexte à une restructuration de la carte universitaire. Avec ces derniers choix le gouvernement confirme sa volonté de faire émerger une dizaine de pôles universitaires « vitrines internationales » masquant la réalité dégradée de la majorité de l’immobilier universitaire patrimoine (30% est jugé « fortement dégradé ») et tournant le dos à l’objectif de démocratisation de l’enseignement supérieur.

L’UNEF s’inquiète du devenir des sites universitaires délaissés comme cela pourra être le cas de la fac de médecine d’Aix-Marseille II et du site de sciences de Saint Charles d’Aix-Marseille I, ou encore au niveau national de nombreux sites de Lettres et Sciences Humaines (LSH).

Dans cette mise en concurrence des universités c’est une logique de regroupement et de pôles d’excellence qui a commandé l’opération campus, davantage qu’une réponse à l’urgence immobilière des universités.

Un tel choix, au détriment de villes moyennes, contribue à reléguer au second plan les petites universités qui ont aujourd’hui un rôle essentiel dans la démocratisation de l’enseignement supérieur.

L’UNEF demande des garanties pour les laissés pour comptes :

L’UNEF demande donc que les projets laissés pour compte ne soient pas oubliés et que 30% de l’enveloppe globale (1,5 milliards d’euros) soient réservés aux opérations de rénovations urgentes venant s’ajouter aux 10 projets de l’opération campus afin de remédier à la situation de crise que peut connaître aujourd’hui l’enseignement supérieur.

Pour répondre à l’urgence immobilière et au sous-équipement des campus c’est d’un effort global immédiat dont l’université à besoin.

Enfin la Ministre a reconnue qu’elle ne savait pas encore où seraient prélevés les 1,3 milliards d’euros restants sur les 5 milliards d’euros promis, la vente d’actions d’EDF n’ayant rapportée que 3,7 milliards d’euros.

L’UNEF exige que ces engagements financiers soient tenus.