Valérie Pécresse a annoncé Jeudi 29 Mai les six premiers projets retenus dans le cadre du Plan Campus.

Ces 6 premiers projets sont concentrés dans les villes parmi les 15 plus importantes de France, l’UNEF s’inquiète du devenir des universités des villes de taille moyenne qui sont pourtant essentielles à la démocratisation de l’accès à l’Enseignement supérieur et redoute que l’opération campus ne soit un moyen autoritaire de restructurer la carte de formation.

De plus, l’UNEF s’inquiète de la mise à l’écart des universités de lettres et sciences humaines dans les projets retenus qui pourtant font partie des plus délabré (le site de Lettres à Aix, le site du Mirail à Toulouse, de Bron à Lyon ou encore l’université Montpellier 3 à Montpellier) et du peu de place faite à la vie étudiante dans les projets retenus.

L’état des universités exige un plan de rénovation d’ensemble

En ne retenant que 10 projets, le gouvernement passe à coté des enjeux de rénovation des universités, les universités non retenues ne sont pas celles qui en ont le moins besoin.

La situation est urgente pour tous les campus universitaires : 30% des bâtiments universitaires en France sont aujourd’hui considéré comme dégradés, 15% des campus sont inadaptés à leur mission, et la moitié n’ont connu aucune rénovation depuis 30 ans. Les campus universitaires français sont également loin des standards internationaux en termes de qualité d’études, d’accueil et de vie des étudiants. Les surfaces restent encore insuffisantes.

L’UNEF rend public un « Tour de France » des campus dégradés pour démontrer s’il en était besoin que c’est bien d’un plan d’ensemble de rénovation, et non d’une opération ciblée dont les universités ont besoin.

Comme le montre « le tour de France des laissés pour compte », les universités d’Aix-Marseille n’échappent pas à cette situation d’urgence. Le site de Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Provence est particulièrement touché (plafonds délabrés, effritement des murs extérieurs,…).

L’UNEF interpelle le gouvernement et exige 5 garanties pour l’opération campus :

1. L’attribution de 1,5 milliards d’euros (soit 30% de l’enveloppe globale) pour des projets de rénovation urgents s’ajoutant aux 10 projets

2. Les projets retenus, au contraire de celui porté par exemple par l’université Paris 9 Dauphine ou Marne-La-Vallée, devront privilégier les universités ayant des bâtiments particulièrement délabrés et manquant clairement de surface d’enseignement (Paris 1, Reims…)

3. L’intégration dans les 6 projets déjà retenus des sites de Sciences Humaines et le renforcement des problématiques de vie étudiante

4. Une garantie de transparence : alors que le Ministère et les universités ont refusé de transmettre les dossiers complets des projets aux étudiants, l’UNEF exige qu’ils soient transmis à l’ensemble des membres du CNESER et à ce que les élus étudiants soient associés localement à l’élaboration et la mise en œuvre des projets

5. La garantie que l’enveloppe globale s’élèvera bien à 5 milliards d’euros, conformément aux engagements du Président de la République, alors même que pour l’instant seuls 3,7 milliards d’euros ont été mis à disposition