photo-20-novembre-20083A sa demande l’UNEF a été reçue par la Ministre de l’Enseignement Supérieur. Si l’UNEF a obtenu de sa part des garanties afin que l’organisation de la fin de l’année universitaire et des examens ne pénalise aucun étudiant, Valérie Pécresse est restée sourde aux inquiétudes de la communauté universitaire sur le contenu de sa politique.

L’UNEF obtient des garanties sur la tenue des examens

L’UNEF s’est battue pour obtenir des garanties permettant aux étudiants de passer leurs examens dans de bonnes conditions. La Ministre a accepté de répondre aux demandes de l’UNEF sur ce point.

* La Ministre a affirmé débloquer les moyens budgétaires nécessaires pour que tous les étudiants boursiers bénéficient d’un 10ème mois de bourses supplémentaire en cas de décalage du calendrier des examens en juillet ou septembre. Les universités devront indiquer aux CROUS les étudiants concernés afin d’en permettre le versement automatique.
* En cas de besoin, les étudiants pourront, sur demande auprès de leur CROUS conserver sans délai leur chambre en résidence universitaire en juillet.
* Aucun étudiant ne pourra être privé de sa bourse l’an prochain pour des raisons liées à son assiduité aux enseignements ou aux examens du second semestre de cette année.

* La Ministre va demander aux préfectures qu’aucun étudiant étranger ne se voit refuser le renouvellement de son titre de séjour l’an prochain pour des raisons liées à l’assiduité ou la progression universitaire au second semestre de cette année.

Sur l’organisation des examens universitaires, la Ministre s’est engagée à envoyer une circulaire aux présidents d’université leur demandant de :

* veiller à ce que le contenu des examens soit en lien avec les enseignements effectivement réalisés ou rattrapés pour tous,
* de prévoir l’organisation d’une session de rattrapage une fois la première session achevée, conformément à la règlementation en vigueur,
* de veiller à l’information de l’ensemble des étudiants sur les modalités d’aménagement des examens, des programmes de révisions et des dates des épreuves par l’envoi préalable de convocations.

Contrairement aux propos provoquants de Xavier Darcos, la Ministre a rappelé que tous les étudiants, quel que soit leur engagement dans la mobilisation, pourront passer leurs examens et obtenir leur diplôme dans les mêmes conditions. Par ailleurs, la Ministre a accepté de remettre à plat les critères de financement des universités afin de compenser les inégalités entre université que les étudiants refusent. Sur la base de ces nouvelles garanties, les étudiants doivent pouvoir passer leurs examens dans de bonnes conditions.

L’UNEF veillera au respect de ces engagements et travaillera dans chaque université avec les enseignants à l’organisation des examens.

Valérie Pécresse reste sourde aux inquiétudes de la communauté universitaire.

En revanche, sur les réponses à apporter aux inquiétudes des étudiants et des personnels mobilisés, le rendez-vous n’a pas été concluant.

C’est une chose d’accepter de donner des garanties sur l’organisation de la fin de l’année universitaire, c’en est une autre chose de répondre aux inquiétudes qui s’expriment sur le contenu de sa politique universitaire pour permettre une sortie de crise. La Ministre est restée sourde aux demandes de réponses claires et satisfaisantes aux inquiétudes exprimées par la communauté universitaire sur la formation des enseignants, le statut des enseignants-chercheurs, les suppressions d’emplois et l’encadrement des étudiants, la précarité étudiante… Valérie Pécresse n’entend pas la défiance qui s’exprime aujourd’hui dans les universités. L’UNEF s’inquiète de la déconnection de plus en plus importante entre la Ministre et la communauté universitaire.

En refusant d’apporter des réponses claires permettant de lever les inquiétudes sur le contenu de sa politique, Valérie Pécresse prend le risque de faire perdurer le climat de tensions dans les universités. Des gestes d’apaisement supplémentaires sont aujourd’hui nécessaires pour sortir de la crise et permettre aux étudiants de valider leur semestre dans de bonnes conditions.