bvc050nL’UNEF dénonce une augmentation de 2% en moyenne, bien supérieure à l’inflation

A peine confirmée dans ses fonctions de ministre de l’enseignement supérieur au sein du nouveau gouvernement, Valérie Pécresse a réservée sa première décision aux étudiants. A quelques jours du début des inscriptions universitaires, elle vient de fixer le montant des droits d’inscription. En moyenne, ceux-ci-augmente de 2 % : + 1,2 % en licence (de 169€ à 171€), + 2,2 % en master (de 226€ à 231€), + 5 % en doctorat (de 342€ à 350€).

Cette décision intervient alors même que les taux de bourses pour l’an prochain ne sont toujours pas connus : les étudiants savent ce qui va s’aggraver mais pas ce qui va (éventuellement) s’améliorer.

Par cette décision, Valérie Pécresse aggrave les conditions de vie étudiantes. C’est une nouvelle baisse de leur pouvoir d’achat qui se profile à la rentrée, notamment pour les 70% d’étudiants ne bénéficiant d’aucune bourse. Ceux-ci ne seront pas concernés par une décision concernant l’évolution de leur montant, alors qu’ils sont affectés par la hausse décidée aujourd’hui !

Depuis 2001, les frais d’inscription ont augmenté de 27% en licence et de 70% en master. Valérie Pécresse n’a pas dérogé à la règle. Depuis son arrivée aux responsabilités en 2007, la hausse des frais d’inscription a été continue : + 5,6 % pour une inscription en Licence, + 9,5 % pour une inscription en Master et + 9,4 % pour une inscription en Doctorat. Sur la même période, l’inflation a été de 1,4%.

L’UNEF s’inquiète en particulier de la déconnexion délibérée entre la Licence d’un côté et le Master et le Doctorat de l’autre. L’augmentation plus importante des frais d’inscription en Master et en Doctorat conduit à rendre de plus en plus discriminant financièrement l’accès aux études longues. Cette hausse est un découragement supplémentaire à poursuivre des études longues pour les étudiants issus des milieux modestes.

Alors que plus de 50% des étudiants sont obligés de se salarier pour financer leurs études et que plus de 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, cette nouvelle augmentation est un frein à la démocratisation de l’enseignement supérieur. Pour la première fois cette année, la part d’une génération accédant à l’enseignement supérieur est en recul.

Cette décision de la ministre est un aveu : les étudiants vont payer la crise au prix fort. Aider les jeunes à accéder à l’enseignement supérieur ne fait visiblement pas partie des « dépenses d’avenir » dont le Président de la République à vanter les mérites lors de son discours devant les parlementaires réunis en congrès la semaine dernière.

Une décision qui augure mal des conclusions du chantier « vie étudiante »

Cette décision est en totale contradiction avec les attentes exprimées par les étudiants et l’UNEF, notamment au sein du chantier sur l’amélioration des conditions de vie étudiantes, ouvert par le président de la République en janvier dernier à la demande de l’UNEF.

Dans ce cadre, l’UNEF réclamait la mise en place d’un plan pluriannuel d’amélioration des conditions de vie étudiante, comme s’y était engagée la ministre en 2007, se traduisant par l’augmentation du nombre et du montant des bourses. Le gel des dépenses obligatoires (dont les frais d’inscription) était une mesure d’urgence indispensable pour revenir sur la dégradation continue du pouvoir d’achat des étudiants constatée depuis 2001.

L’UNEF demande donc à Valérie Pécresse de revoir sa copie. L’UNEF exige un gel des dépenses obligatoires annoncées dans les prochains jours (sécurité sociale, ticket restaurant universitaire) ainsi qu’une revalorisation des bourses pour la rentrée qui permette de rattraper la baisse du pouvoir d’achat !

L’UNEF vigilante sur les frais d’inscription illégaux

L’UNEF prend acte de l’injonction de la ministre adressée aux recteurs quant au respect de la législation relative aux frais d’inscription. L’UNEF sera, cette année encore, particulièrement vigilante sur les pratiques des universités en matière de frais d’inscription et illégaux. L’UNEF appelle la ministre à joindre les actes à la parole en faisant respecter la loi le cas échéant en déférant devant les tribunaux administratifs les décisions litigieuses.