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Un coût de la rentrée insupportable pour les étudiants

A l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, l’UNEF a rendu publique l’intégralité de son enquête 2009 sur le coût de la vie étudiante et sur les conditions de la rentrée pour les étudiants. L’évolution des dépenses du « panier de l’étudiant » démontre que leur situation sociale continue de se dégrader en cette rentrée. Les dépenses sont principalement tirées vers le haut en raison de la hausse des dépenses de logement et de l’augmentation des frais obligatoires décidés par le Ministère de l’enseignement supérieur (frais d’inscription, cotisation à la sécurité sociale étudiante, prix du ticket RU…). Le coût de la rentrée varie ainsi de 613 € à 2225 € par étudiant selon les situations.

Cette dégradation du coût de la vie étudiante est continue depuis 2001 : l’augmentation des dépenses obligatoires étudiantes est de 41,5% depuis 2001, alors que dans le même temps les aides n’ont augmenté que de 13%. Mais cette année, elle est amplifiée par les conséquences de la crise : alors que les revenus des familles sur lesquelles repose encore principalement le financement des études vont baisser, et que trouver un travail à côté de ses études pour les financer va être plus difficile, le coût de la rentrée devient insupportable pour les étudiants. Une augmentation des renoncements ou des abandons d’études pour des raisons financière est à craindre.

Les jeunes en première ligne face au chômage

En un an, le chômage des jeunes a augmenté de 28%. Après la destruction au premier semestre des emplois précaires (CDD, intérim) parmi lesquels les jeunes sont surreprésentés, les jeunes risquent d’être en première ligne de la suppression des CDI programmée par certaines entreprises parce que licencier un jeune coûte moins cher. De plus, 650 000 jeunes diplômés entrent en cette rentrée sur un marché de travail sinistré. Si rien n’est fait rapidement, une génération entière va traîner comme un boulet pendant toute sa vie professionnelle les difficultés d’insertion dues à la crise.

Le gouvernement semble plus que jamais coupé de la réalité sociale de la jeunesse

Pourtant, les jeunes sont aujourd’hui les grands oubliés des mesures anti-crise du gouvernement. Malgré les engagements du président de la République de faire de 2009 « l’année de la vie étudiante », la revalorisation de 3% des bourses échelon 6 en cette rentrée ne concerne qu’un étudiant sur vingt, et le chantier « vie étudiante » est au point mort. Malgré la volonté de mettre en place une « nouvelle politique de jeunesse », le Livre Vert élaboré par Martin Hirsch n’a débouché sur aucun financement ni aucune mesure concrète. Même l’interdiction des stages hors-cursus, unanimement réclamée, a été refusée à l’Assemblée Nationale. Les efforts consentis par le gouvernement à ce stade sont bien insuffisants pour faire face à l’augmentation des dépenses et aux conséquences de la crise.

L’UNEF s’interroge : dans quel monde vit Valérie Pécresse pour affirmer que le coût de la rentrée étudiante est « à la baisse » ? Où pour estimer que les efforts de construction de logements sont satisfaisants alors que l’Etat continue de ne pas respecter ses engagements de construire 5000 nouvelles chambres par an ?

L’UNEF lance un appel solennel au président de la République et réclame la mise en place d’un bouclier social pour protéger la jeunesse

Les étudiants ne sont pas dupes : le temps des discours et de la communication est aujourd’hui révolu. Si le gouvernement n’a pas d’autre perspective à offrir à sa jeunesse, que la déqualification, la précarité et le chômage, il pose les bases d’une rupture durable avec les jeunes.
L’UNEF demande au président de la République des actes de rupture forts avec la situation sociale que connaissent les jeunes aujourd’hui. L’UNEF lui demande la mise en place d’un bouclier social pour protéger les jeunes de la crise et du chômage et lance une campagne de pétitions dans toutes les universités pour exiger des mesures d’urgence :

- la mise en place d’un 10ème mois de bourse pour les 500 000 étudiants boursiers qui doivent aujourd’hui faire face aux dépenses de la rentrée sans le moindre soutien de l’Etat.

- l ’augmentation de 10% des aides au logement dont le montant n’a évolué que de 17 € depuis leur création en 1994 alors que les loyers ont plus que doublé.

- l’accélération des constructions et des réhabilitations de logements étudiants pour rattraper le retard accumulé depuis 2005 et atteindre les objectifs du plan « Anciaux » (50 000 nouveau logements construits et 70 000 rénovés jusqu’en 2014). L’UNEF demande que de nouveaux objectifs soient fixés en ce sens : 6400 logements soient construits et 7800 réhabilités chaque année à partir de 2009.

- la mise en place d’une aide à la recherche du premier emploi d’un montant de 50% du SMIC pour sécuriser socialement la période d’insertion professionnelle des jeunes diplômés.